Andr é LE BRAS
notice réalisée suivant des informations communiquées par Alain LE BRAS, fils d'André LE BRAS
André LE BRAS
Né le 2 février 1908 à Pontrieux (Côtes-du-Nord ; Côtes d'Armor) ; décédé le 19 janvier 1988 à Tréguier (Côtes d'Armor) ; ingénieur TPE ; membre du réseau Cohors-Asturies et du FN ; président du CLL de Lézardrieux en août 1944.
André Le Bras était le fils de Pierre Marie Le Bras, capitaine au long court, cap-hornier, Grand Mât, et de Marianne Chapelain. Le couple eut quatre enfants : Maurice, Pierre, André et Isabelle. Son père obtint la Croix de guerre 1914-1918 et fut promu chevalier de la Légion d'Honneur.
André Le Bras fut élève officier dans la marine marchande, promotion Jacques Cartier à la Compagnie Générale Transatlantique.
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Membre du réseau Cohors-Asturies (anciennement Cohors et Libération Nord), agent P1 du 1er janvier 1943 au 30 septembre 1944, André Le Bras était responsable du Front National pour la Libération et l'Indépendance de la France sur le secteur de Lézardrieux.
[Certifié Bureau Central de Renseignements et Action (BCRA), Forces Françaises Libres (FFL), Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF), et Forces Françaises de l'Intérieur (FFI)].
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Durant l'occupation le port de Lézardrieux fut par sa position géographique (proximité de l'Angleterre) une base stratégique importante de la marine allemande, la Kreigsmarine, plusieurs bâtiments de surface y stationnèrent et y firent escale dont des croiseurs et des destroyers, un sous-marin y fut aperçu.
En temps qu'Ingénieur André LE BRAS était le chef de la subdivision des Phares et Balises de Lézardrieux pendant l'Occupation.
André Le Bras s'opposa aux autorités d'occupation par le camouflage de matériel pouvant être utilisé par l'ennemi. Il fut l'objet de cinq rapports adressés à son encontre par le commandant de la Kriegsmarine à Paris.
Il fournit des renseignements à son réseau Cohors-Asturies et à la mission parachutée SOE "Frédéric".
Il remit les plans des ouvrages fortifiés de la côte, des renseignements sur la flotte allemande à l'anse des Perdrix et au port de Lézardrieux, ainsi que diverses instructions nautiques. Malgré des visites, fouilles et menaces de la Feldgendarmerie et la surveillance constante exercée par les marins allemands, il réussit à organiser et à réaliser avec succès le départ de la vedette La Horaine réquisitionnée par les Allemands pour l'Angleterre le 22 novembre 1943 à partir du port de Lézardrieux.
Fin 1943 il adhéra au FN (Front National pour la Libération et l'Indépendance de la France) et participa après le débarquement à des réunions à Plouec, Paimpol, Lézardrieux, Saint-Brieuc, Tréguier, Pontrieux avec les responsables de divers mouvements en vue de la Libération du département des Côtes-du-Nord. Réunions auxquelles participèrent le Colonel MARCEAU, responsable départemental FFI, Jean DEVIENNE, responsable départemental du FN ; ANDRIEUX, Marcel PERROT, responsable du FN ; le Capitaine SAS AGUIREC, commandant en second la mission "Frédéric" et Joseph DINCUFF, attaché à cette mission.
Le 1er janvier 1944, avec l'aide du gendarme Joseph DINCUFF il transporta et mit en sécurité deux aviateurs américains : le lieutenant Irving SHWAYDER et le sergent John GILSON. Le 12 août 1944, il organisa avec l'aide du percepteur Ernest LAPLANCHE le sauvetage du pont de Lézardrieux miné en faisant transmettre par l'adjudant de gendarmerie Guillaume LE PICARD au capitaine SAS AGUIREC les plans et croquis de sabotage du pont. Le 13 août 1944 avec le gardien de phare LE LAY, il établi et transmis à Guingamp un plan de la situation militaire du secteur, ce qui permit au commandement allié d'effectuer le 15 août 1944 un tir d'artillerie d'une grande précision sur les objectifs ennemis, évitant la destruction du pont de Lézardrieux. Il a organisé avec succès à plusieurs reprises le sabotage du phare des Roches-Douvres, situé à 25 kilomètres en mer, comme responsable de la subdivision des Phares et Balises avec l'aide du chef électricien CLECH, du gardien de phare présent, et ceci jusqu'à la destruction du phare par les Allemands le 4 août 1944. Il a mis à la disposition de toutes les organisations de résistance, carburant, explosif, radio, camionnette pour transport d'armes.
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A la Libération, André Le Bras assuma la responsabilité de Président du Comité Local de Libération de Lézardrieux et s'opposa à la tonte des femmes sur son secteur. Il ordonna la distribution équitable de la viande et aliments de base à toutes les couches de la société en application des consignes définies par Londres. André Le Bras était en relation avec l'ingénieur TPE (Travaux Publics de l'État) responsable de la subdivision territoriale de Tréguier et son collaborateur Guillaume LE PICARD, par ailleurs agent de liaison, tous deux appartenant au même réseau Cohors Asturies ainsi qu'avec BIGOT ingénieur et Marcel ROUAZE chef de parc des Phares et Balises à Saint-Brieuc, Raymond PELLIER Ingénieur à Paimpol, LE COMTE, Ingénieur à Brest et André, Gervais de ROUVILLE directeur des Phares et Balises à Paris.
Après la Libération des Côtes-du-Nord (depuis Côtes d'Armor), il dirigea la reconstruction des phares détruits pendant l'occupation par les Allemands en mer et à terre. André Le Bras épousa Louise Le Guével originaire de Ploézal (Côtes-du-Nord ; Côtes d'Armor), ils eurent trois enfants : Joëlle, Monique et Alain.
Il ne prit pas part à la vie municipale locale après-guerre. Deux gardiens de phare figuraient en 1947 sur la liste républicaine conduite par Auguste Mordelet, maire (1945-1947), Eugène Le Berre et Amédée Le Guen, déporté.
Distinctions :
Chevalier de la Légion d'Honneur.
Médaille Militaire.
Médaille de la Résistance.
Croix du Combattant Volontaire 1939-1945.
Croix du combattant volontaire de la Résistance.
Médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre.
Chevalier du Mérite Maritime.
Témoignage de reconnaissance du gouvernement des USA signé Général EISENHOVER.
Plaque commémorative au port de Lézardrieux parc, des phares et balises, inaugurée en juin 1989.
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groupe de Résistants des Phares et Balises de Lézardrieux,
à l'extrême gauche André LE BRAS Ingénieur,
au centre portant la décoration Monsieur CLECH technicien. |
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